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Prédation & confiscation

Le PER ne se débloque pas automatiquement à 55 ans et les nouveaux versements ne sont plus déductibles dès 70 ans

À 55 ans, le PER ne se débloque pas automatiquement. Dès le 70e anniversaire, certains versements restent possibles, mais ne sont plus déductibles depuis 2026.

Anthony6 min de lecture
PER en 2026 : 55 ans n’est pas un seuil général, 70 ans change la fiscalité

55 ans ne rend pas un PER disponible du jour au lendemain. Pour sortir l’épargne, il faut avoir liquidé une pension, atteint l’âge légal de départ ou relever d’un cas de déblocage anticipé. À 70 ans, le plan ne se ferme pas forcément : ce sont les nouveaux versements qui cessent d’être déductibles. Disponibilité de l’épargne, possibilité de verser et fiscalité suivent donc des règles distinctes.

À 55 ans, aucun déblocage automatique

Aucune règle commune à tous les titulaires ne rend le PER disponible à 55 ans. En principe, l’épargne reste bloquée jusqu’à la liquidation d’une pension dans un régime obligatoire d’assurance vieillesse ou jusqu’à l’âge légal de départ. Celui-ci dépend de l’année de naissance. Une retraite anticipée peut également ouvrir le PER lorsqu’elle entraîne la liquidation d’une pension dans un régime obligatoire. Le 55e anniversaire n’est donc pas, à lui seul, un motif de sortie.

Le chiffre de 55 ans peut malgré tout apparaître dans le calendrier personnel d’un épargnant. La règle officielle permet, à partir de la cinquième année précédant l’année du départ, d’interroger le gestionnaire sur les possibilités adaptées à sa situation. Pour un départ envisagé pendant l’année des 60 ans, cette période commence pendant l’année des 55 ans, pas nécessairement le jour de l’anniversaire. Le repère dépend de la date de départ prévue ; ce n’est pas un seuil légal commun à tous les PER.

Le PER se débloque à la retraite ou dans des cas précis

En temps normal, le PER individuel peut être liquidé lorsque le titulaire a liquidé une pension dans un régime obligatoire ou atteint l’âge légal. La forme de la sortie dépend ensuite de l’origine des sommes et des options prévues par le plan.

Avant cette échéance, la loi autorise un déblocage anticipé notamment en cas de décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, d’invalidité, de surendettement, de fin des droits au chômage ou d’une situation assimilée, de liquidation judiciaire d’une activité non salariée et d’achat de la résidence principale. Chaque motif est encadré. Pour l’achat de la résidence principale, les droits issus de versements obligatoires restent bloqués.

Un PER n’est pas une réserve de trésorerie disponible sur demande. Même dans l’un des cas prévus, le motif doit être justifié auprès du gestionnaire. L’argent destiné aux imprévus doit donc rester séparé de l’épargne de long terme ; investir sa réserve peut sinon obliger à vendre ou à attendre au mauvais moment, comme l’explique notre article sur l’épargne de précaution.

Avant 70 ans, la déduction dépend du plafond disponible

Les versements volontaires peuvent continuer après 55 ans. Après le départ à la retraite, ils restent possibles si le plan n’a pas été entièrement liquidé et si le contrat les autorise. Avant 70 ans, ils sont en principe déductibles du revenu imposable, sauf choix contraire de l’épargnant. Le montant déductible dépend toutefois du plafond personnel encore disponible, après les réductions et majorations applicables.

Pour un salarié, le plafond 2026 correspond en principe à 10 % des revenus professionnels nets de frais de 2025, dans la limite de 37 680 euros, avec un plancher de calcul de 4 710 euros avant les éventuelles réductions. Pour une personne sans activité professionnelle ou un retraité sans revenu professionnel, le plafond de base est de 4 710 euros. Des règles particulières s’appliquent aux travailleurs indépendants et certains versements d’entreprise réduisent le plafond disponible.

La loi de finances pour 2026 a également allongé le report des plafonds non utilisés. La fraction née en 2026 pourra être mobilisée pendant les cinq années suivantes. Les reliquats de 2024 et 2025 restent soumis à leur ancien délai de trois ans : l’année d’origine de chaque fraction détermine donc sa date d’expiration.

Dès 70 ans, les nouveaux versements ne sont plus déductibles

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués lorsque le titulaire a 70 ans ou plus ne sont plus déductibles. La même réforme supprime aussi, pour ces nouveaux versements, la déductibilité des cotisations obligatoires et l’exonération de certains versements d’épargne salariale.

Le soixante-dixième anniversaire ne ferme pas automatiquement un PER. De nouveaux versements peuvent rester possibles si le plan n’a pas été entièrement liquidé et si le contrat les accepte encore. À partir de cet anniversaire, il faut donc vérifier si le contrat autorise encore les versements et quel coût il facture, tout en sachant que la déduction fiscale a disparu.

QuestionÀ 55 ansÀ compter du jour du 70e anniversaire
L’épargne devient-elle disponible ?Non, sauf échéance normale ou cas de déblocage anticipéNon du seul fait de cet âge
Le plan peut-il rester ouvert ?OuiOui, s’il n’est pas entièrement liquidé et si le contrat le permet
De nouveaux versements sont-ils possibles ?Oui, selon le contratOui, si le plan reste ouvert et si le contrat le permet
L’avantage fiscal à l’entrée subsiste-t-il ?Oui, sous plafondNon pour les nouveaux versements

À la sortie, la fiscalité dépend de ce qui a été déduit

Pour rester lisible, cette section traite de la sortie en capital des versements volontaires et de la rente issue de versements non déduits. Elle ne couvre ni la rente provenant de versements déduits ni la fiscalité propre aux déblocages anticipés.

Pour les versements volontaires déduits, une sortie en capital réintègre le montant des versements au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %. Les gains subissent le prélèvement forfaitaire applicable aux produits de placement. Pour les intérêts perçus à compter du 1er janvier 2026, Service-Public affiche un taux global de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux.

Si les versements n’ont pas été déduits, par choix avant 70 ans ou par application de la nouvelle règle à compter du jour du 70e anniversaire, le capital correspondant à ces versements est exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Seuls les gains sont imposés comme produits de placement.

Une rente issue de versements non déduits relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction dépendant de l’âge au premier versement de la rente est imposable. Cette fraction est de 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans et 30 % après 69 ans. Ce barème concerne la fraction imposable d’une rente non déduite, pas le droit général de récupérer le plan.

Quatre points à vérifier avant un versement ou une sortie

Avant d’agir, vérifiez séparément :

  • l’âge légal correspondant à votre situation et vos éventuels droits à un départ anticipé ;
  • l’origine des sommes dans le PER : versements volontaires, épargne salariale ou cotisations obligatoires ;
  • le choix de déduction réalisé lors de chaque versement et le plafond encore disponible ;
  • les modalités de sortie prévues pour chaque compartiment du plan.

Cette vérification évite deux erreurs opposées : croire qu’un PER devient liquide à 55 ans ou qu’il devient inutilisable à 70 ans. La date utile pour préparer la sortie reste celle de la retraite propre à chaque titulaire. À compter du jour du 70e anniversaire, ce sont les nouveaux versements qui perdent leur avantage fiscal à l’entrée.

Le PER n’obéit pas à un âge unique. Avant de verser ou de demander une sortie, vérifiez la date de votre retraite, l’origine des sommes, les options du contrat et la déduction choisie : c’est leur combinaison, et non votre seul anniversaire, qui détermine ce que vous pouvez faire.